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ODD 15 : Vie terrestre

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Le point de vue environnemental

En tant que deuxième plus grand pays du monde, le Canada est l'un des rares pays où l'on trouve encore des écosystèmes naturels relativement grands et sains. Comme le développement économique, associé aux changements climatiques, exerce une pression croissante sur l'environnement naturel, le présent chapitre porte sur la protection et le rétablissement des espèces ainsi que sur la conservation de la biodiversité canadienne.

Cette orientation soutient directement les cibles suivantes du Cadre mondial d'indicateurs relatifs aux ODD : 15.1 : D'ici 2020, garantir la préservation, la restauration et l'exploitation durable des écosystèmes terrestres et des écosystèmes d'eau douce et des services connexes; 15.2 : D'ici 2020, promouvoir la gestion durable de tous les types de forêt, mettre un terme à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et accroître nettement le boisement et le reboisement au niveau mondial; 15.3 : D'ici 2030, lutter contre la désertification, restaurer les terres et sols dégradés; 15.5 : Prendre d'urgence des mesures énergiques pour réduire la dégradation du milieu naturel, mettre un terme à l'appauvrissement de la biodiversité et, d'ici 2020, protéger les espèces menacées et prévenir leur extinction; et 15.8 : D'ici 2020, prendre des mesures pour empêcher l'introduction d'espèces exotiques envahissantes, atténuer sensiblement les effets que ces espèces ont sur les écosystèmes terrestres et aquatiques et contrôler ou éradiquer les espèces prioritaires.

Les forêts, les milieux humides, les prairies et la toundra du Canada constituent un habitat dont tous les organismes, y compris les humains, ont besoin pour prospérer. La conservation de ces milieux naturels contribue à promouvoir la biodiversité et à maintenir les services écosystémiques nécessaires à notre bien-être, comme l'irrigation et la pollinisation des cultures et de la végétation, l'atténuation des inondations et la filtration de l'air et de l'eau. La gestion de forêts et d'autres écosystèmes résilients contribue également à atténuer les effets des changements climatiques grâce à la séquestration et au stockage du carbone. Une meilleure utilisation des terres peut accroître la séquestration du carbone et réduire les émissions de gaz à effet de serre associées aux écosystèmes et à leur utilisation.

Les terres et les eaux douces du Canada font partie intégrante du patrimoine naturel et culturel des Canadiens. De nombreux milieux naturels revêtent notamment une importance culturelle, spirituelle et socio-économique pour les peuples autochtones et soutiennent des activités de subsistance comme la chasse, la pêche et la cueillette. La nature procure des bienfaits pour la santé physique et mentale et le bien-être de tous les Canadiens.

Des écosystèmes sains contribuent également à l'économie, notamment par l'intermédiaire du tourisme axé sur la nature. Par exemple, les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux du Canada génèrent des millions de dollars annuellement et offrent des milliers d'emplois aux populations locales. La pêche récréative, qui se pratique en grande partie dans les lacs, les rivières et les cours d'eau intérieurs, rapporte également plusieurs milliards de dollars à l'économie canadienne.

Le Canada s'est fermement engagé à assurer l'aménagement durable des forêts. Les forêts jouent un rôle central dans la vie de nombreuses communautés autochtones au Canada, que ce soit sur le plan culturel, spirituel ou économique. Selon le recensement de 2016, 12 000 Autochtones travaillent dans le secteur forestier, ce qui représente environ 7 % de la main-d'œuvre du secteur.

Direction que le gouvernement du Canada entend prendre

Les lettres de mandat publiées en décembre 2021 décrivent l'orientation et les priorités politiques du gouvernement du Canada. Certains engagements liés à l'objectif de développement durable 15 sont énumérés ci-dessous.

  • Veiller à ce que le Canada atteigne ses objectifs de conservation de 25 % de ses terres et de ses eaux d'ici 2025 et de 30 % d'ici 2030, en travaillant à freiner et à inverser la perte de milieux naturels d'ici 2030 au Canada, à récupérer entièrement ces milieux d'ici 2050 et à promouvoir cet objectif sur la scène internationale. Veiller à ce que ce travail soit continuellement fondé sur la science, les connaissances autochtones et les perspectives locales (ministre de l'Environnement et du Changement climatique; ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne).
  • Travailler avec les partenaires des Premières Nations, des Inuits et de la Nation métisse afin de soutenir les nouveaux programmes des gardiens autochtones et d'établir de nouveaux réseaux de gardiens autochtones. Aider les communautés autochtones à renforcer leurs capacités d'établir davantage d'aires protégées et de conservation autochtones (ministre de l'Environnement et du Changement climatique).
  • Aider à protéger les forêts anciennes, notamment en Colombie-Britannique, en promouvant la conclusion d'un accord sur la nature avec la province, lequel donnerait lieu à la création d'un fonds de 50 millions de dollars pour la nature des forêts anciennes de la Colombie-Britannique, et en veillant à ce que les Premières Nations, les Métis, les communautés locales et les travailleurs soient des partenaires dans l'élaboration des mesures de protection de la nature (ministre des Ressources naturelles; ministre de l'Environnement et du Changement climatique).

Contribution du gouvernement du Canada

Les changements dans l'utilisation des terres et des eaux, les changements climatiques, la pollution, l'utilisation et l'exploitation des ressources naturelles et les espèces exotiques envahissantes menacent la riche biodiversité et le patrimoine naturel du Canada. Le gouvernement du Canada collabore avec ses partenaires pour lutter contre ces menaces et protéger les paysages, les ressources naturelles et les populations d'espèces sauvages du Canada. Ces efforts visent à faire progresser les mesures de conservation de la nature, à élaborer des plans d'action en matière de conservation, à tirer parti de solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques, ainsi qu'à prévenir l'introduction des espèces exotiques envahissantes réglementées par le gouvernement fédéral et les gérer. Le gouvernement travaille également avec des partenaires pour intégrer et refléter le savoir autochtone au même titre que la science occidentale. La conservation et la gestion de certaines espèces sauvages nécessitent une coordination et une collaboration transfrontalières.

Dans le budget de 2021, le gouvernement s'est engagé à investir 4,1 milliards de dollars à la protection de la nature, dont 2,3 milliards de dollars sur 5 ans pour le Patrimoine naturel bonifié du Canada, afin de continuer à soutenir les mesures de conservation de la nature dans tout le pays, y compris le leadership autochtone en matière de conservation. Si l'on ajoute à cela 1,3 milliard de dollars pour l'initiative Patrimoine naturel du Canada annoncée en 2018, cela représente le plus gros investissement dans la conservation de la nature de l'histoire du Canada.

Le gouvernement du Canada s'est engagé à préserver le patrimoine naturel que représentent les terres et les eaux douces intérieures du Canada ainsi que ses océans. Cet engagement comprend le renforcement des mesures de protection et de rétablissement des espèces en péril et de leur habitat par l'amélioration des délais de mise en œuvre des dispositions relatives aux espèces en péril; la progression vers la réconciliation grâce à un soutien accru du leadership autochtone en matière de conservation; et le soutien d'une infrastructure naturelle saine et d'un accès accru à la nature.

Ces initiatives seront appuyées par des plans visant à créer de nouvelles réserves nationales de faune, des aires marines nationales de conservation, des parcs urbains nationaux, des corridors écologiques et des aires protégées et de conservation autochtones. La collaboration et l'établissement de partenariats avec les provinces, les territoires, les peuples autochtones, les administrations locales et les secteurs privé et sans but lucratif seront des éléments essentiels de ces travaux.

L'amélioration de la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril est une priorité pour le gouvernement du Canada. La Loi prévoit la protection juridique des individus des espèces en péril inscrites sur la liste fédérale, ce qui permet de prévenir leur disparition, de la planète ou du pays, et d'assurer leur rétablissement.

Le gouvernement du Canada continue de mettre en œuvre l'Approche pancanadienne pour la transformation de la conservation des espèces terrestres en péril au Canada, en partenariat avec la plupart des provinces et des territoires, les peuples autochtones et d'autres partenaires. Cette approche met l'accent sur des mesures collaboratives visant un ensemble national de lieux, d'espèces, de secteurs et de menaces prioritaires dans tout le Canada. Depuis 2018, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont :

  • collectivement établi 11 lieux prioritaires fédéraux-provinciaux-territoriaux couvrant près de 30 millions d'hectares dans des milieux et des écosystèmes qui abritent beaucoup d'espèces en péril et d'autres éléments de la biodiversité. Les mesures mises en œuvre dans les lieux prioritaires soutiendront la protection et le rétablissement de centaines d'espèces en péril et d'autres éléments de la biodiversité;
  • désigné 6 espèces prioritaires importantes sur le plan écologique : le caribou de la toundra, le Tétras des armoises, le caribou de Peary, le bison des bois, le caribou des bois, population boréale, et le caribou des bois, population des montagnes du Sud. Ces espèces sont réparties sur plus de 567 hectares au Canada. Le rétablissement des espèces prioritaires et de leurs habitats permettra d'éliminer plusieurs obstacles au rétablissement et offrira des avantages connexes aux espèces dans l'ensemble de leur aire de répartition;
  • entamé un dialogue concernant 3 secteurs prioritaires (l'agriculture, le secteur forestier et le développement urbain). La mise en œuvre de mesures collaboratives dans ces secteurs permettra de s'attaquer aux menaces communes générales pesant sur plusieurs espèces et de promouvoir des pratiques durables.

De plus, l'Approche pancanadienne repose sur des engagements visant à accroître la collaboration entre les partenaires, à prendre des décisions fondées sur des données probantes et à améliorer la surveillance et la production de rapports. Dans l'ensemble, l'Approche pancanadienne donne des résultats grâce à des partenariats renforcés, à un meilleur rendement des investissements et à une augmentation des avantages connexes pour la biodiversité et les écosystèmes.

En ce qui concerne les espèces aquatiques, une approche pancanadienne pour la conservation des espèces aquatiques en péril est en cours d'élaboration et servira à orienter les approches de rétablissement et de protection des espèces en péril axées sur plusieurs espèces, sur un lieu et sur les menaces. Dans le cadre du Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril, 7 lieux prioritaires en eau douce ont été désignés au Canada, depuis 2018, comme point central pour la mise en œuvre des mesures d'intendance ciblées de rétablissement et de protection. Trente-six projets financés ciblant 70 populations d'espèces aquatiques en péril ont été menés dans ces lieux. En 2021, 2 autres lieux prioritaires ont été désignés dans l'Arctique et dans le sud de Terre-Neuve-et-Labrador, et le Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril a accordé des fonds supplémentaires à l'appui des mesures d'intendance visant les espèces aquatiques en péril dans ces régions.

Le gouvernement fédéral travaille à l'élaboration d'un plan stratégique et opérationnel national quinquennal commun visant à soutenir et à mettre en œuvre les objectifs énoncés dans l'Approche pancanadienne pour la santé de la faune. Il s'efforce également de promouvoir la mise en œuvre de l'approche « Une santé » pour s'attaquer aux risques émergents liés à l'interface humain-animal-environnement.

Le gouvernement soutient les efforts des Canadiens visant à améliorer la santé des milieux naturels du Canada et des espèces qu'ils abritent au moyen de programmes de paiements de transfert comme le Programme d'intendance de l'habitat, le Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril et le Fonds pour la restauration côtière. Il encourage et soutient aussi les organisations de la famille fédérale dans leurs efforts de conservation et de protection des espèces en péril sur les terres fédérales au moyen de programmes de soutien comme le Programme interministériel pour la protection de l'habitat essentiel.

Le Canada travaille avec d'autres parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (en anglais seulement) à l'élaboration d'un Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020 qui devrait être adopté en 2022. Après l'adoption de ce nouveau cadre, le Canada élaborera un plan de mise en œuvre national en collaboration avec les gouvernements provinciaux, territoriaux et autochtones, ainsi qu'avec les intervenants. Le Canada travaille également avec les parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Dans le cadre de ces conventions internationales et multilatérales des Nations Unies consacrées à l'environnement, le Canada continue de rehausser l'ambition mondiale en matière de protection de l'environnement.

Négociations du Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020

Les négociations internationales relatives au Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020 de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique sont en cours et se poursuivront jusqu'au printemps 2022. Le Canada préconise la mise en place d'un cadre mondial de la biodiversité pour l'après 2020 ambitieux et pragmatique en vue d'accélérer et d'intensifier les efforts internationaux visant à mettre un terme à la perte de biodiversité. Après l'adoption du Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020, le Canada aura deux ans pour élaborer un plan national de mise en œuvre abordant tous les aspects de la conservation et de l'exploitation durable de la nature. Les éléments pertinents seront pris en compte dans la Stratégie fédérale de développement durable à une date ultérieure.

Dans le cadre de ses travaux avec le groupe de travail sur la Conservation de la flore et de la faune arctiques du Conseil de l'Arctique, le Canada collabore avec d'autres États de l'Arctique et avec des représentants des peuples autochtones qui participent au Conseil de l'Arctique afin d'examiner et de soutenir les politiques et la prise de décisions relatives à la biodiversité de l'Arctique. Les objectifs du groupe de travail sont de trouver des réponses communes aux problèmes relatifs à la biodiversité d'importance pour l'Arctique, ce qui comprend la surveillance et la recherche, et de communiquer les résultats afin de promouvoir les meilleures pratiques qui assureront la durabilité des ressources vivantes de l'Arctique. Le Conseil de l'Arctique est le principal forum multilatéral par lequel le Canada fait avancer ses intérêts internationaux dans l'Arctique.

Lors de la COP26, le Canada s'est joint à 128 pays et s'est engagé à mettre fin et à renverser la perte de forêts et la dégradation des terres d'ici 2030, tout en favorisant le développement durable et une transformation rurale inclusive. Les pays ont signé la Déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l'utilisation des terres, soutenue par un financement public et privé de 19,2 milliards de dollars américains destinés à aider les pays en développement à remettre en état les terres dégradées. En outre, le Canada, de même que 11 autres pays, a adhéré à l'Engagement mondial pour le financement des forêts, dirigé par le Royaume-Uni, qui vise à fournir collectivement 12 milliards de dollars américains pour le financement climatique lié aux forêts de 2021 à 2025.

Le gouvernement du Canada prend des mesures qui soutiennent l'aménagement durable des forêts et un secteur forestier canadien novateur. Par exemple, le gouvernement a remis sur pied le Groupe de travail sur les changements climatiques du Conseil canadien des ministres des forêts dans le but de favoriser la collaboration entre les provinces et les territoires visant à faire progresser les mesures d'adaptation aux changements climatiques et d'atténuation de leurs effets grâce à l'aménagement durable des forêts. Par ailleurs, le gouvernement fédéral soutient l'innovation dans le secteur forestier canadien par l'intermédiaire de programmes comme le Programme d'innovation et de transformation de l'industrie forestière, et favorise une plus grande participation des Autochtones aux programmes économiques axés sur les écosystèmes par l'intermédiaire de l'Initiative de foresterie autochtone.

Intendance environnementale autochtone

Les communautés autochtones sont parmi les premières à subir les effets des changements climatiques et de la perte de biodiversité, puisque leur mode de vie est étroitement lié à la terre et dépend de la récolte de subsistance. Des changements dans la répartition des plantes et des animaux sauvages exercent des pressions sur les systèmes alimentaires autochtones et les activités traditionnelles de chasse, de pêche et de cueillette. Les territoires autochtones traditionnels et les réserves sont des milieux particulièrement importants pour les espèces en péril et la biodiversité, et les peuples autochtones assurent l'intendance de ces milieux et de ces écosystèmes depuis des générations. Les membres des communautés autochtones sont des intendants de la terre depuis des temps immémoriaux et ils ont géré ou cogéré des portions importantes de terres de manière durable. Le fait de collaborer avec les partenaires autochtones et d'apprendre d'eux constitue un élément clé de la réconciliation et de la conservation de la biodiversité.

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SFDD 2022 à 2026

Version provisoire de la stratégie fédérale de dêveloppement durable 2022 à 2026